25 mars 2017

Garaudy poète

A contre-nuit , poème par Roger Garaudy est paru en 1988. Nous publions ici le texte accompagnant le bulletin de souscription.




Roger GARAUDY lance ce nouvel «APPEL AUX
VIVANTS».

Sa poésie n'est pas seulement une manière d'écrire
mais une manière de vivre. De vivre haut. L'épopée
humaine se joue toute entière en chacun de nous : ne
faire qu'un avec le tout. Participer à la création continuée
du monde. Conjuguer le Verbe «Dieu».
Livre rare
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Dire «Dieu» est ce pari: la vie a un sens.
Déchiffrer 

ce sens dans l'arbre et dans la pierre, dans les livres sacrés et les arts.

Le poète désigne ce qui ne peut être saisi par les idées et les mots:
l'amour, la beauté, la foi.

Il en communique la vie comme il l'a vécue: «à contre-nuit», à hauteur de rêve, à travers les combats, les contradictions, l'espérance.

Vivre les choses sans les dire. Comme le cri éveille l'écho.

«A contre-nuit

j'ai refusé les routes de la plaine,

à contre-nuit

la transparence des destins. »

(Roger Garaudy, A contre-nuit, Editions de l'Aire)

22 mars 2017

Orientation




D'après Picasso. Le visage de la paix. 1950
1 / L’humanité est un tout indivisible, une communauté planétaire, la communauté « première », dont l’unité doit reposer non sur l’impérialisme d’un Etat ou d’une culture mais sur la participation de tous les peuples. Une unité symphonique et non impériale,fondée sur un développement solidaire et un changement radical des rapports Nord-Sud.

Le devoir primordial des communautés « secondes » et de leurs membres est de servir cette unité et son développement créateur.
 - Seule la coordination universelle des efforts de développement de l’homme peut permettre de résoudre les problèmes de la paix, de la faim dans le monde et de l’immigration, comme du chômage forcé ou de l’oisiveté parasitaire.
 - Il garantit l’épanouissement, en chaque être humain, quel que soit son sexe, son origine, sa vocation, de toutes les possibilités créatrices qu’il porte en lui. Nul intérêt personnel, national, corporatif ou religieux, ne peut avoir pour fin la concurrence, la domination, l’exploitation du travail d’un autre ou la perversion de ses loisirs.
  - Il garantit la liberté d’expression et de pratique à tout humanisme, c’est-à-dire à toute doctrine servant les intérêts de l’humanité comme un tout, et à toute religion, c’est-à-dire à toute croyance attribuant une origine divine à ce tout.
 - Ce devoir exclut toute prétention à l’exclusivité et à la domination d’une croyance, d’une nation, d’un groupe, d’un individu. Sont donc exclus tous privilèges de puissance comme veto, pressions militaires ou financières, embargos économiques.
 - Il n’appartient qu’à la communauté mondiale, sans différenciation numérique, de veiller à l’observance de ce devoir primordial et des devoirs « seconds » qui en découlent.

 2/ Le but de toute institution publique, de toute communauté « seconde », ne peut être que la  constitution d’une communauté véritable, c’est-à-dire, à l’inverse de l’individualisme, d’une association où chaque participant a conscience d’être personnellement responsable du destin de tous les autres.
 - La liberté consiste à n’être pas captif de ses intérêts propres ou des intérêts et des visées particulières de la communauté seconde à laquelle on appartient, et à agir seulement en vue de la promotion de tous les membres de la communauté première, la communauté planétaire.       
 - La sécurité et la résistance à toute oppression découlent de la solidarité propre à ceux qui sont conscients de ces devoirs. Aucune force physique, l’histoire le montre par la désintégration finale de tous les empires, ne peut triompher longuement d’une communauté unie par la conscience commune de ces devoirs universellement humains.
 - Les droits de l’homme se résument en celui-ci, fondamental : nul ne doit rencontrer de limites et d’obstacles – tels  que discriminations économiques, politiques, culturelles ou spirituelles – à l’accomplissement de ses devoirs à l’égard de la communauté humaine planétaire.


 3/ Le capital –le travail mort – est la richesse accumulée depuis des millénaires grâce à la science, à la technique et aux arts des hommes. La propriété n’a donc de légitimité que si elle est fondée sur le travail vivant et concourt au développement de tous.
 
- Notre attitude envers la nature est un cas particulier de notre attitude envers la propriété. La nature, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a été, pour la plus grande part, « humanisée » par le travail de multiples générations. Elle ne peut donc être considérée ni comme un réservoir illimité de richesses pour satisfaire nos appétits du moment, ni comme un dépotoir pour nos déchets. Elle appartient non seulement aux milliards de morts qui l’ont fécondée mais aux milliards aussi de ceux qui ne sont pas encore nés. Nous avons donc le devoir de la transmettre plus féconde et plus belle que nous l’avons reçue, sans en hypothéquer l’avenir.

 4/ Le pouvoir et le savoir (qui est une forme de pouvoir) poursuivent le même but universel.
 - Le pouvoir, à tous les niveaux, ne peut être exercé ou retiré que par le mandat des citoyens, c'est-à-dire de ceux s'étant engagés par écrit à observer les présents devoirs.
 - Il ne comporte aucun privilège mais seulement des devoirs supplémentaires: 
 
- Tout dirigeant ou responsable d’une communauté seconde (église, nation, entreprise de production ou de service, corporation professionnelle ou artistique, ou autre) doit veiller à ce que l’action extérieure  de cette communauté ne nuise à aucune autre, y compris à l’échelle mondiale. Par exemple, que l’autorité dans une religion n’implique aucune exclusion ou répression vis-à-vis d’une autre ou de communautés non-religieuses. Par exemple encore que l’autorité dans une nation n’implique aucun privilège pour celle-ci et moins encore une domination à l’égard d’une autre, d’un autre peuple.
 - Tout dirigeant, à quelque niveau que ce soit, a le devoir de s’interroger sur la finalité, c’est-à-dire le sens et le but de son action : sert-elle à l’épanouissement de l’Homme et de tout homme, ou à sa dégradation voire sa destruction ? Par exemple : les productions les plus rentables sont celles des armements et de la drogue, que faire ? Autre exemple : l’information, la publicité, les religions et les arts ont un grand pouvoir de manipulation des esprits, que faire ?

 5/ Etymologiquement démocratie signifie gouvernement par le peuple et pour le peuple. Les « démocraties  occidentales » n’en sont pas vraiment, ainsi que Rousseau en a depuis longtemps fait la démonstration. Pour deux raisons : l’inégalité des fortunes, qui rend impossible la formation d’une volonté  générale, et opposent au contraire ceux qui ont et ceux qui n’ont pas ; et l’absence d’une foi en des valeurs absolues qui fassent aimer à chacun son devoir primordial plutôt que son intérêt personnel qui en fait le concurrent et le rival de tous les autres.
 - Même mystification pour les « droits de l’homme ». C’est à chaque époque la minorité dominante dont il s’agit de défendre les droits.
Que signifie un droit pour qui n’a pas les moyens de l’exercer ? Le « droit au travail » pour des millions de chômeurs ? Le « droit à la vie » pour des milliards d’êtres humains qui, dans le monde non occidental, souffrent et meurent pour qu’ailleurs des privilégiés puissent poursuivre « librement » leurs gaspillages ? « L’égalité » qui interdit « également » à un milliardaire et à un affamé de voler du pain, ou qui leur permet, à l’un et à l’autre, d’acheter un journal ou de fonder une chaîne de télévision ?


« La loi égale pour tous »,  ce slogan est le mensonge des « droits de l’homme », même lorsqu’ils se proclament « universels ».
Voilà pourquoi à une énième proclamation des « droits » nous préférons une pratique des devoirs, telle que nous venons de l’expliciter dans ces principes.



©Alain Raynaud 2017
A  partir de différents textes de
Roger Garaudy

21 mars 2017

Le philosophe, le capitaine et l'armateur



Les réactions de Bernard CLAVEL au livre de Roger GARAUDY:

"Mon tour du siècle en solitaire".(MEMOIRES, Editions Robert Laffont, 1979)

Il semble que, dans un premier temps du moins, on parle peu du nouveau livre de Roger GARAUDY:"Mon tour du siècle en solitaire".

Alors,je m’interroge sur les raisons du silence dont on voudrait envelopper ces pages que je viens de dévorer.

Photo Abdersen Ulf/SIPA
En notre époque où la bêtise triomphe si souvent, aurait-on peur de 1’intelligence? Alors qu'il ne passe guère de semaine sans qu'on nous révèle une trahison de confiance, une escroquerie, une vilenie à tous les niveaux et dans n’importe quelle classe de la société,redouterait-on les grandes consciences ? L'an dernier, Casamayor, autre esprit supérieur et autre âme pure et noble, nous a quittés sans que son départ fasse 1'ombre du bruit que provoque un orteil foulé chez un joueur de ballon. Beaucoup le croyaient mort depuis longtemps alors qu'il n'avait jamais cessé de publier des livres importants.

Roger Garaudy est aujourd'hui musulman. Ce chrétien marxiste s' embarque sur un vaisseau dont il sait d'avance qu'il ne sera pas d'accord longtemps avec 1'armateur ni avec le capitaine. Mais, là comme ailleurs, ce que Garaudy espère tout au fond de son coeur si souvent blessé, c’est sauver 1'équipage.

Car cet homme de foi est avant tout un amoureux de 1'homme. Et c'est bien là le paradoxe d'une existence comme la sienne, que son amour des êtres ait si souvent réussi à faire le vide autour de lui.

A la première lecture de ces pages, nous sommes étonnés par 1' itinéraire et les étapes qui le jalonnent. Staline, Gaston Bachelard, Fidel Castro, Jean-Paul Sartre, Dom Helder Camara, Paul Eluard, Maurice Thorez, Picasso, Kadhafi, Krouchtchev, De Gaulle, Pablo Neruda... Quel étonnant carnet d'adresses ! Quel peintre de notre époque oserait rêver pareille galerie de modèles !
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Le problème avec Garaudy c'est qu'il se sent à 1'aise avec tout le monde parce qu'il est d'une nature qui fonce tête baissée dans la confiance. Mais les dérives le réveillent. Alors il s'en va. Pas toujours en claquant la porte, parfois  sans rien dire, souvent après avoir vidé son sac. Comme ce fut le cas, en février 1970, lorsqu'au terme d'un discours de vérité, il quitta la salle du XIX ème Congrès du Parti Communiste dans un silence de mort. Scène qu'il raconte de manière bouleversante et qui m'a rappelé Jean Guéhenno quittant, en 1945, le Comité National des Ecrivains dont il avait été 1'un des fondateurs au temps du risque, et lançant à Aragon: "Regardez-moi bien, car vous ne me verrez plus !"

Cher Garaudy, vous avez largement dépassé le demi-siècle d’action militante et vous découvrez qu'en enfer, les saints sont toujours accueillis comme des chiens dans un jeu de quilles.

Ce que vous n'avez cessé de chercher d'une église à 1'autre, de la Résistance à la Chambre des députés, de la mansarde des prêtres-ouvriers à 1'Abbé Pierre, des prisons aux camps de concentration, ce sont des frères. Homme de fraternité avant tout, vous croyez toujours avoir découvert 1'entrée du Paradis Terrestre, vous vous y engouffrez le coeur battant.

On voudrait que ce texte se trouve chez tous les gens qui s’interrogent sur le monde et son futur. Oui, il faut "inverser les dérives actuelles !"

1943, après 33 mois de
déportation
Je regarde votre photographie prise lorsque vous sortiez de trente-trois mois de détention, sec comme coup de trique. Vous portez des sandales dont je puis vous assurer qu'elles n'étaient pas faites pour vous permettre d'emprunter un chemin semé de braises rouges et entravé de ronces. Or, c'est ce chemin-là que vous avez choisi. Vos sandales sont usées depuis longtemps et vous n'avez cessé de vous déchirer les chairs.

Certes, vous avez rencontré des êtres tirés du même fagot que vous. J'en ai déjà cité quelques uns et j'y ajoute Bollardière avec qui, comme vous, je me suis senti en toute fraternité. Mais combien de Sharon pour un Bollardière,combien de Hitler pour un Gandhi , de Mayol de Luppé pour un Père Lelong ? De Barbie pour un Martin Luther King ?

Vous espérez, en terminant votre livre, que les peuples du monde finiront par prendre conscience que la survie de 1' espèce est au prix de la destruction des pires armements et qu'ils 1'exigeront. C’est exactement ce que je souhaite aussi de tout mon être, ce à quoi je travaille avec les pauvres armes dont dispose 1'homme de bonne volonté; mais la soif de violence de ces peuples dont vous parlez est telle, elle est si bien attisée en permanence par ceux qui vivent de la fabrication et du commerce des armes, que je nous vois, vous et moi, au rang des naïfs.

Il est vrai que je ne suis pas soutenu, dans mon espérance, par la foi qui vous porte et qui, sans doute, contribue à donner à votre voix ces intonations profondes et nobles qui nous bouleversent.

Votre livre m'a fait passer deux journées enrichissantes et fort troublantes. Elles laisseront des traces en moi et votre livre va prendre place sur 1'étagère où se trouvent mes plus précieux compagnons de route.




[Le titre est de l'administrateur du blog]

20 mars 2017

Que faire ?



Il nous faut un programme pour résoudre nos problèmes vitaux : le chômage, la faim dans le monde, l'immigration, la paix.
Un grand dessein pour offrir à notre jeunesse une autre issue que la drogue, la délinquance ou le suicide, dans un « monde cassé »
- entre les exploiteurs et les exploités,
- entre le Nord et le Sud,
- entre les élus et les exclus.

Que faire ?

En finir avec l'Europe américaine de l’OTAN et de « l’Union Européenne ».

Changer l'économie par une remise en cause du monothéisme du marché, et ne rien acheter aux États-Unis (depuis le Coca Cola jusqu'à leurs films), ni à leurs sous-traitants israéliens. L'économie américaine ne peut supporter la perte d'un ou deux milliards de clients.

Changer la politique : en face de partis de droite ou de gauche qui pataugent, sans projet, dans la soumission aux U . S . A . ; retrouver, contre la nouvelle occupation, le clivage entre résistants et collabos.

Changer l'éducation : nos jeunes refusent une insertion dans le désordre établi par une école qui en perpétue les mythes et ne leur ouvre aucun avenir.

Changer le monde et la vie : les religions divisent, la foi unit.
Pour que la vie ait un sens, la grande mutation est nécessaire : le passage d'un monde cassé à une unité non impériale mais symphonique du monde par un développement solidaire, par un changement radical des rapports NORD-SUD.


D’après Roger Garaudy, L’avenir mode d’emploi, 4ème de couverture

>> LIRE ICI LE PROGRAMME COMPLET PROPOSE PAR ROGER GARAUDY ET QUI POUR L'ESSENTIEL CONSERVE SA PERTINENCE >>

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SELECTION D'ARTICLES

Archives Garaudy PDF sur Calameo

Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy